Compte épargne temps, la grande braderie

Chers collègues, vous venez de recevoir une proposition de rachat de vos jours CET, au prix soldé de 125 euros. Votre réponse est attendue dans un délai de six jours. Votre engagement peut porter sur plusieurs années à venir.

Le respect de ce délai n’a d’incidence que sur la date de versement des jours CET (paie de décembre). Vous avez bien jusqu’au 31 décembre 2008 pour vous décider, en sachant que cela retarde d’autant le versement des sommes (article 4 du décret n°2008-1136 du 3 novembre 2008).

Nous vous demandons de bien réfléchir aux conséquences de votre choix.

Outre le prix ridiculement bas qui vous est proposé, alors qu’il s’agit de compenser des heures supplémentaires, l’expérience de l’année passée a montré que les sommes versées aux collègues qui en ont fait la demande ont diminué d’autant le reliquat habituellement versé en fin d’année.

Résultat :

- ceux qui ont exercé leur droit d’option n’ont rien gagné.

- parmi ceux qui ne l’ont pas fait, certains ont indiqué avoir touché un reliquat d’environ 330 euros, les autres non, la situation n’est pas très claire. Si c’est le cas, il est donc possible qu’un certain nombre d’entre-nous y aient perdu !

- Par ailleurs, votre option porte sur la moitié de vos jours CET, à raison de 4 jours par an. Cela rendra difficile toute renégociation sur le « prix ».

Au-delà de cette question matérielle, importante, ce dispositif démontre une fois de plus le mé « prix » auquel nous nous heurtons (notre travail vaut-il donc si peu ?) et participe de cette dévalorisation et de cette atomisation permanente d’un corps de plus en plus sacrifié à l’autel de la productivité à moindre coût.

Nous vous demandons donc de ne pas opter pour le rachat de vos jours CET, au moins dans l’immédiat, le temps que nous obtenions les éclaircissements nécessaires -existence d’une enveloppe spéciale ou non...) et que vous puissiez vous décider en toute connaissance de cause avant la fin de l’année.

Nous nous engageons pour notre part :

- à court terme : à demander une revalorisation du « prix » proposé à un minimum de 300 euros (comme pour les praticiens hospitaliers) ;

- à moyen terme : nous exigeons l’application d’un dispositif CET auquel nous nous étions fortement opposés au départ mais dont nous considérons qu’il doit être respecté dès lors qu’il a été mis en place. Le Conseil d’Etat ne doit pas participer à cette politique volontariste de remise en question des 35 heures et des jours RTT, par un rachat à vil prix de jours qui en valent bien plus.

0
partages